Les vins de Tenerife : cépages, appellations et où déguster sur l’île
Tenerife n’est pas qu’une île de plages et de randonnées : c’est aussi une terre de vigne, et une terre de vigne à part. Grâce à ses sols volcaniques, l’île a échappé au phylloxéra qui a dévasté la quasi-totalité des vignobles européens à la fin du XIXe siècle. Résultat : certains ceps de Tenerife sont centenaires, jamais greffés, et produisent des vins qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
Le « vin des Canaries » a même eu son heure de gloire bien avant le tourisme : il était exporté vers l’Angleterre élisabéthaine, où Shakespeare lui-même le mentionne dans l’une de ses pièces. Voici de quoi comprendre ce patrimoine méconnu et où le découvrir pendant ton séjour.
🎯 Essentiel à savoir
🍇 Particularité : des vignes non greffées, certaines centenaires, grâce aux sols volcaniques qui ont tenu le phylloxéra à distance
📜 5 appellations : Tacoronte-Acentejo, Valle de la Orotava, Ycoden-Daute-Isora, Valle de Güímar, Abona
🍷 Cépages phares : Listán Negro et Listán Blanco (les plus répandus), Malvasía, Negramoll
🏛️ Où déguster sans réserver : la Casa del Vino, à El Sauzal (musée, dégustation et restaurant, accès libre)
📖 Un peu d’histoire : le « Canary wine » était déjà exporté vers l’Angleterre au XVIe siècle, cité par Shakespeare
Un vignoble épargné par le phylloxéra
Le phylloxéra, ce puceron venu d’Amérique, a détruit la quasi-totalité des vignobles historiques d’Europe à la fin du XIXe siècle, obligeant les vignerons à greffer leurs plants sur des pieds américains résistants. Les sols volcaniques de Tenerife, riches en cendres et en lave, lui sont restés hostiles : l’île compte donc aujourd’hui l’une des plus fortes concentrations au monde de vignes franches de pied, c’est-à-dire jamais greffées, dont certaines dépassent les trois cents ans.
Autre singularité locale, les méthodes de culture traditionnelles : le « cordón trenzado », des tresses de sarments qui peuvent atteindre plusieurs mètres de long pour protéger les grappes du vent, ou le « parral bajo », une treille basse typique du sud de l’île. Ces techniques ancestrales, propres à Tenerife, font aujourd’hui partie de l’identité visuelle du vignoble autant que de sa production.
Les 5 appellations d’origine de l’île
Tenerife compte cinq appellations d’origine (DO), chacune liée à une zone et une altitude différentes, ce qui donne des vins aux profils très variés sur une surface pourtant restreinte. Tacoronte-Acentejo, au nord-est près de La Laguna, est la plus ancienne et la plus connue, réputée pour ses rouges. Valle de la Orotava, sur les pentes qui dominent Puerto de la Cruz, profite d’un microclimat particulier grâce à l’altitude. Ycoden-Daute-Isora, dans le nord-ouest autour d’Icod de los Vinos, doit d’ailleurs son nom à la vigne (« de los Vinos »). Au sud, Valle de Güímar et Abona cultivent la vigne jusqu’à plus de 1 500 mètres d’altitude sur les pentes du Teide, parmi les vignobles les plus hauts d’Europe.
Les cépages typiques à connaître
Le Listán Negro est le cépage rouge le plus répandu de l’île, donnant des vins fruités et faciles à boire, parfois plus structurés selon l’altitude et le vigneron. Le Listán Blanco (à ne pas confondre avec le Palomino Fino continental, dont il est pourtant un parent proche) donne des blancs vifs et minéraux. La Malvasía, cépage historique derrière le fameux « Canary wine » sucré, se retrouve aujourd’hui aussi bien en vin doux qu’en version sèche plus moderne. Le Negramoll complète la liste avec des rouges plus souples et parfumés.
Le vin qui a conquis l’Angleterre élisabéthaine
Avant même que Tenerife ne devienne une destination touristique, elle était déjà connue en Europe pour son vin. Dès le XVIe siècle, le « Canary », un vin doux fortifié à base de Malvasía, s’exportait massivement vers l’Angleterre, où il était très prisé à la cour. Shakespeare lui-même le mentionne dans Henry IV, preuve de sa notoriété à l’époque. Cette période faste a façonné une partie de l’économie de l’île bien avant l’arrivée des premiers visiteurs en quête de soleil.


Où déguster sans avoir à réserver : la Casa del Vino
Pour une première approche sans contrainte, direction la Casa del Vino à El Sauzal, dans le nord de l’île : un ancien manoir du XVIIe siècle transformé en musée du vin, avec dégustation et restaurant sur place, accessible librement sans rendez-vous. C’est l’endroit le plus simple pour comprendre l’histoire du vignoble canarien et goûter plusieurs appellations sans avoir à organiser une visite de bodega à l’avance.
Le secteur d’Icod de los Vinos, dans le nord-ouest, porte le vin jusque dans son nom : plusieurs bars et restaurants du village proposent des dégustations locales, à deux pas du Drago Milenario si tu combines les deux visites. Pour une vraie visite de bodega avec explications sur place, mieux vaut réserver à l’avance : plusieurs domaines des appellations Tacoronte-Acentejo et Valle de la Orotava proposent des visites guidées suivies d’une dégustation.
Pour en rapporter une bouteille sans visiter de bodega, les marchés et épiceries locales mentionnés sur notre page Shopping à Tenerife en proposent une sélection, aux côtés du gofio et des autres produits typiques de l’île.
Pourquoi les vignes de Tenerife sont-elles si particulières ?
Parce que les sols volcaniques de l’île ont empêché le phylloxéra de s’installer, contrairement à la quasi-totalité des vignobles européens. Beaucoup de ceps ne sont donc jamais greffés, et certains dépassent les trois cents ans.
Combien d’appellations d’origine compte Tenerife ?
Cinq : Tacoronte-Acentejo, Valle de la Orotava, Ycoden-Daute-Isora, Valle de Güímar et Abona, chacune avec son propre terroir et son altitude.
Quels sont les cépages typiques de Tenerife ?
Le Listán Negro et le Listán Blanco sont les plus répandus. La Malvasía, cépage historique, et le Negramoll complètent les principaux cépages locaux.
Où déguster du vin de Tenerife sans réserver ?
La Casa del Vino à El Sauzal est l’option la plus simple : un musée du vin avec dégustation et restaurant, en accès libre sans rendez-vous.
Pourquoi dit-on que le vin de Tenerife était connu en Angleterre ?
Dès le XVIe siècle, le Canary wine, un vin doux à base de Malvasía, était exporté vers l’Angleterre où il était très apprécié, au point d’être mentionné par Shakespeare dans Henry IV.
